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samedi 16 septembre 2017

La chambre noire.



Un anniversaire peu banal l’attendait ce soir là. Sitôt sa journée de travail terminée, il avait pris un pot avec ses collègues, pour cette occasion. Sans abuser, il savait que sa femme lui avait promis une petite fête, à la maison.


Sitôt retrouvé sa résidence, où sa chérie l’attendait dans le salon, avec deux verres servis : une flûte de champagne pour elle et un verre de Chivas, pour lui, il s’installait dans le canapé. Avec un traditionnel « bon anniversaire, chéri, 40 ans, ça s’arrose », accompagné d’un chaud bisou, ils avaient trinqué, en cognant les deux verres, et en buvant une gorgée de leur alcool respectif. Il décidait de quitter la chemise et la cravate, et d’aller prendre sa douche avant de continuer les festivités. Sa femme comprenait cette « mise à l’aise ».

Et c’est à partir de ce moment là, que le trou noir arriva. Oui, noir est le bon mot, puisqu’il se retrouvait dans une pièce aussi noire qu’une chambre de photographe. Il était allongé, sur le dos, les bras en croix sur une épaisseur matelassée. Leur lit ? A même le sol ? Leur chambre, ou une autre pièce ? Que faisait-il là ? Autant de questions.

Il ne se souvenait plus de rien. Vaguement le bruit de l’eau qui coulait,  et aussi, avec autant de flou, le verre prit avec sa femme avant de décider de prendre sa douche. Bien avant, également, le pot partagé avec ses collègues. Il n’avait pas bu tant que ça pourtant, deux verres en tout, plus une gorgée de whisky à la maison. Il encaissait plus que ça d’habitude.

Il se sentait nu, sur ce matelas. Il essaya de bouger ses bras, ses jambes, rien n’y faisait. Il était bel et bien attaché de ses quatre membres. Il devinait d’ailleurs chaque attache, à ses poignets, à ses chevilles, mais des liens de tissus, sans agressivité. Le voilà, écartelé.

Il sentait son corps complètement décontracté, un bien être souvent recherché, celui qui nous libère l’esprit quelque fois, quand tout va bien. Il sentait tous ses muscles ainsi, sauf un !
L’épicentre de sa personne, là, en plein milieu, entre ses cuisses. Une bandaison « hors norme ». Une que ressentent les hommes quelques fois, sans explication, mais qu’on apprécie sans réfléchir. Non pas grandi, non pas grossi…mais un sexe au summum de sa forme, un sexe dur comme du bois bandé, un sexe prêt à exploser, un sexe gorgé d’envies. Une excitation non semblable aux autres jours.

Sentant cette colonne de chair, distendant chaque parcelle de sa peau, épouser son bas ventre de sa lourdeur, jusqu’au nombril, des questions lui revenaient : Que faisait-il là dans le noir ? L’avait-elle drogué ? L’avait-elle dopé de pilules bleutées, d’aphrodisiaques ? Pas vu. Son verre, sûrement.
Une chose était sûre, si sa femme était à l’origine de cette situation, il lui faisait confiance. De toute façon, ça n’était pas désagréable.

Il ferma les yeux.

Il se laissa aller encore à de nouvelles réflexions :

-Oui, bien sûr, quarante bougies toutes illuminées sur un gros gâteau, allaient apparaître devant lui. C’était ça la surprise. Il sentait bien des présences autour de lui. Oui, bien sûr, c’était ça.
Mais il changea de visage. Il se ravisa. Il avait oublié un détail.
Que faisait-il allongé sur le dos, poings et pieds liés, et surtout complètement à poil, sentant qu’une seule chose de son anatomie, son membre, en son milieu, bandé à l’extrême, prêt à exploser. La honte ! pensait-il.

Il en était là, quand une paire de lèvres se posa sur les siennes, et ne tarda pas à forcer sa bouche pour rencontrer sa langue, pour une danse endiablée autour d’elle.

-Sacrée, Alice, sa femme, te voilà enfin, quelle coquine es-tu.

Les lèvres se décollèrent. Il sentit aussitôt des doigts se poser sur ses avant-bras, en de douces caresses. Mais alors qu’il s’attendait à un début de massage, une autre paire de lèvres, plus charnues, ce coup ci, se posa à nouveau sur les siennes pour une même danse, à la différence que cette langue, enfouie dans sa bouche, maintenant, tournait autour de la sienne, plus lentement. Mais le baiser était tout aussi agréable.

Le parfum de cette nouvelle présence, aussi, était différent de celui de sa femme. Il sentait, en plus, de longs cheveux balayer son visage et son cou, en même temps. Sa femme les avait courts.
Cette obscurité totale, qui au début, était son ennemi, était, maintenant devenue complice. Une véritable amie qui amplifiait son excitation. Et pourtant une excitation déjà au degré maximum a en jugé le braquemart, tendu, en haut de ses cuisses, comme un arc peut l’être, au moment où la flèche est prête à partir
.
Non, ce n’était pas possible, sa chérie, en ce jour de ses quarante ans, aurait voulu réaliser son plus grand fantasme, non, ce n’était pas possible, et, pourtant….
Alors que les doigts sur son bras gauche, n’arrêtaient pas ses caresses, la bouche délicieuse quitta la sienne. Un autre massage lui faisait sensation, sur son autre bras. Mais d’autres lèvres prenaient place, aussi, sur les siennes, et un autre baiser débutait. Un baiser plus profond, cette fois, plus audacieux.

Justin, c’était son prénom, et oui, il portait bien son prénom, ce jour là, en référence à la célèbre marque, puisque son bâton de berger, au milieu de son corps, était vraiment au top, essayait d’analyser la situation, malgré toutes les sensations agréables, qui lui étaient tombées dessus.
Voyons, une femme qui l’embrassait actuellement, fort bien d’ailleurs, une autre, peut être, la sienne qui lui massait son avant bras gauche, et une troisième qui en faisait de même avec son avant bras droit. Franchement sa femme se prénommait aussi à la perfection, son monde, Alice, était une merveille.

Et Justin n’était pas au bout de ses surprises. Les lèvres s’échappèrent et sa « nouvelle amie », alla se « placer » au niveau de sa cheville gauche. Justin sentant ses mains caresser le bas de sa jambe. Justin était déjà aux anges quand il sentit d’autres lèvres, plus minces cette fois, se poser encore sur les siennes. Leurs langues et salive se mélangèrent, aussitôt.

Ce cadeau délicieux n’allait jamais s’arrêter, pensait-il.

Parmi toutes ces femmes, il avait quand même une pensée particulière pour la sienne. Alice qui avait osé, Alice qui avait tout donné pour lui faire plaisir le jour de ses quarante ans. Alice qui le partageait avec d’autres femmes. Je suis sûr, vous qui me lisez, chers lecteurs et lectrices, que vous faites tous la même remarque : « Et bien oui, il peut, la remercier, sa chère Alice ». Vous n’avez pas tort.

Sa cheville droite était aussi massée, autant que l’autre cheville, autant que ses bras gauche et droit, et une cinquième langue avait pris la place de la précédente.

Il sentait, maintenant, conjuguées aux caresses de ses membres, des paires de seins, toutes différentes, lui frôler la peau. Des poitrines plus ou moins lourdes, des tétons plus ou moins gros. Cette sensation de ces rondeurs qui s’écrasaient et parcouraient son corps, passait de l’agréable à presque l’insupportable car il ne pouvait soulager toute cette excitation. Il avait l’impression que son bâton de berger allait exploser.

Enfin une bouche s’enroba autour de son sexe. La salive bien que tiède avait l’effet d’une bouche d’incendie arrosant un feu. La langue qui dansait sur son membre tendu s’activait comme si sa propriétaire suçait une glace. Cette mise en bouche soulageait notre quinquagénaire du soir.
Puis, il sentit un corps le chevaucher, des lèvres, cette fois, qu’il devinait appartenir à un sexe de femme, venir en contact avec son gland, qu’il pensait être rouge écarlate tellement l’excitation était grande, en enfin, un long fourreau humide, avaler sa queue qui n’en demandait pas tant.
Sa bougie allumée trouvait une complémentarité qui le soulageait à merveilles.
Il ne sentait plus par contre les paires de seins sur sa peau, elles s’en étaient éloignées ; ni les caresses sur ses bras et chevilles. Il n’y avait que ce corps qui lui faisait tellement de bien et qui commençait doucement à balancer sur le sien.

Le savant jeu de reins de cette femme qu’il pensait être la sienne, régulait les va-et vient. Son sexe coulissait parfaitement dans ces chairs soyeuses, chaudes et humides. Il se laissait faire à cette danse sexuelle tellement agréable.

Le rythme s’accéléra et quand il entendit les gémissements féminins s’amplifier, et surtout son vagin se serrer et s’immobiliser, en profondeur sur son membre, il devina que cette femme, SA femme jouissait. Les gémissements étaient devenus cris.

Il ne put s’empêcher d’en faire de même, en déversant au fond de ce ventre si agréable, tout ce qu’il avait contenu en son bas ventre, depuis le début de cette soirée. Les orgasmes avaient été tellement intenses que le corps de Justin s’était arc-bouté, faisant décoller le duo amoureux de la table, malgré les liens.

Quand son corps s’affaissa de nouveau sur la table matelassée, après de longues minutes de jouissances mutuelles, la lumière éclaira la pièce et il entendit la porte se refermer.

Il avait devant lui, à cheval, sur ses cuisses sa femme tout sourire, qui venait aussi de passer un bon moment. Ils étaient toujours « liés » l’un à l’autre. Le corps d’Alice s’affaissa sur celui de Justin. Après un long baiser, ils restèrent de longs instants ainsi.

Justin se demandait s’il avait rêvé de ces autres présences féminines. Il questionna souvent sa femme, par la suite, mais eut , à chaque fois, une réponse muette accompagnée d’un sourire amoureux.
Il ne saura jamais, si c’était un rêve ou pas, si oui, qui étaient ces femmes? ni même ce qu’il y avait dans son verre de whisky.

Mais, tout ce qu’il savait c’est que son cadeau d’anniversaire avait été magnifique. Alice était vraiment merveilleuse.



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2 commentaires:

  1. Un bien bel anniversaire pour Justin! Alice aura-t-elle le même quand viendra le sien? Avec autant de bâton de berger que de dizaines?

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    1. Je vois que tu as l'humour bien placé, toi aussi.

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