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samedi 24 février 2018

Sur le chemin du bois. (suite du Dortoir)

épisodes précédents.

Tout de suite après avoir terminé leur punition, qui avait fini à n’être pas une, elles avaient regagné le réfectoire, pour prendre leur déjeuner.

Elles s’asseyaient à la grande tablée, où, les autres filles, une dizaine, tout au plus, toujours les mêmes, avaient déjà commencé leur repas, servi par l’intendante de service en ce week-end. Là, en l’absence de pions, pendant ces deux jours, la discipline était moins stricte. Les conversations entre elles, fusaient.

Après le repas, comme fait exprès, c’était Christelle et Sophie de corvée de vaisselle. Les punitions n’en finissaient pas, mais elles s’en fichaient, après comme tous les samedis, c’était quartier libre.

A table, à quelques places d’elles, Marie avait mangé , la tête baissée, le nez dans son assiette, sans mot dire. Comme si elle avait quelque chose à se reprocher. Christelle et Sophie s’étaient bien gardées de faire allusion à son petit jeu d’espionnage de ce matin, dans le bloc sanitaire. Trop dangereux en présence des autres filles qui continuaient à jacasser entre elles. De temps en temps, elles essayaient de croiser son regard, sans succès. Marie, par contre, devait sentir leurs yeux se poser sur elle, car à chaque fois, elle sentait le rouge lui venir aux joues.

Christelle en a profité pour lui demander de l’aide à la vaisselle. Chose que Marie ne put refuser.

Et c’est comme ça, qu’elles se sont retrouvées toutes les trois devant les bacs où les assiettes, les verres et les couverts s’entrechoquaient entre leurs mains, plongées dans l’eau tiède remplie de produit vaisselle.

« -Qu’est-ce que tu fais après-midi, Marie ? » entama  Christelle.

Visiblement mal à l’aise, et ce, depuis le retour des deux punies, l’étudiante bredouilla quelques mots.

«  - Euh…je ne sais pas…peut-être lire au dortoir… »

«  -tu ne vas pas avec les autres ? Elles vont toutes au village, justement à la bibliothèque municipale. Elles en ont parlé à table. »

«  -Euh…non, j’ai trois livres d’avance…Ca me suffira pour la semaine…J’irai les rendre jeudi soir, avant la fête de vendredi. »

« -Tu ne vas tout de même pas rester enfermée avec ce soleil dehors ? Viens avec nous. On va au bois. »

Sophie regarda Christelle, un peu surprise. Elles n’en avaient pas parlé, mais l’idée la séduisait. Elle aimait ces longues balades dans la nature. Mais, pourquoi, inviter cette petite peste, qui ne faisait que les espionner. Son amie Christelle, ne lui en voulait pas visiblement.

L’après midi de nos trois étudiantes commençait par une longue marche le long d’un sentier, bordé de talus, envahi de fougères. Des fois, elles croisaient des salamandres ou des orvets. Ce qu’elles craignaient, c’était les vipères qui doraient au soleil. Mais elles n’en vit aucune. De temps en temps, elles s’arrêtaient, et avec un bâton, elles jouaient à agacer, les petits animaux inoffensifs, toujours s’en leur faire de mal. Puis, elles repartaient en riant.

Marie semblait soulagée. Au début, elle avait appréhendé cette invitation. Mais au fil des minutes, elle sentait que les deux autres ne l’avaient apparemment pas repérée dans le bloc sanitaire. Ou même si c’était le cas, elles ne s’en souciaient pas et elles ne lui en voulaient pas. Elles paraissaient même en faire d’elle, une amie, car leur attitude devenait docile, par leur conversation et leurs rires partagés. Marie avait leur cœur de plus en plus léger, et en plus elle adorait aussi se promener dans la nature.

Elles arrivèrent au niveau d’une prairie. Là, où, il y a un deux ans, elles venaient essayer de capturer des grenouilles. Elles réussissaient, mais les relâchaient aussi sec, évitant de les ramener au cours de Sciences Naturelles, là, où leur avenir était incertain. Elles préféraient dire à la professeure que les batraciens n’arrêtaient pas de glisser entre leurs mains.

Elles enjambaient le petit ruisseau bordé de roseaux, où, il leur était déjà arrivé, d’apercevoir des truites.

Il ne leur restait plus que le champ aux herbes hautes et coloré de multiples fleurs sauvages, avant d’arriver au bois, curieusement perché sur une butte.

C’est ce qu’elles firent, toutes les trois, en courant main dans la main et en riant.

Christelle retrouva, avec mal, l’étroit chemin recouvert de diverses végétations. Preuve du peu de fréquentations de ce petit paradis boisé. Les plantes et même les ronces griffaient leurs jambes nues.

Marie grimpait en deuxième position et offrait ses jolies fesses aux regards de Sophie qui la suivait. Des fois, elle apercevait même un bout de tissu blanc qui épousait parfaitement son étroit sillon. La pente était assez raide, mais très courte.

Elles arrivaient, en haut de la petite colline, sur un plat d’herbe entouré d’arbres, qu’elles appelaient la plateforme. Elles étaient essoufflées. Leur corps suait légèrement et les vêtements commençaient à coller à leur peau, dévoilant quelques formes, quelques rondeurs, dont aucune des trois n’étaient indifférentes, à leurs yeux.

« - Voilà, c’est ici, que l’on vient s’isoler, Sophie et moi pour parler, lire. Mais, comme tu l’as vu par la difficulté d’accès, ça fait longtemps que nous n’y sommes venues. »

« - Et ici, aussi…vous… » Marie arrêta sa réponse, sentant qu’elle commettait une erreur. Sa poitrine battait  fort, subitement. Ses seins collés à la chemisette montaient et descendaient à une allure folle. On apercevait le dessin de son sous-vêtement et les rondeurs de sa poitrine qui tentait d’exploser un bouton, pour sortir de ce tissu, devenu transparent.

« -Vous, quoi ?... », insista Sophie.

« -Tu nous as vu, ce matin, Marie. Ne dis pas non.  Je t’ai vu sortir du bloc. » enchérit Christelle.

Marie se sentait prise au piège et commençait à paniquer.

« -Ne t’inquiète pas. On ne va pas te faire de mal. Au contraire, que du bien. »

Christelle se mit à tournoyer autour d’elle et continua :

« -Alors, comme ça, tu aimes ce que l’on fait ? C’est ça ? »

« -Oui » répondit timidement Marie.

« -Explique-nous un peu »

« - Et bien, ça m’excite….de vous voir faire ça ensemble… »

« -Ah, oui ?...Tu as envie de goûter à ce genre de plaisir ?... »

Marie, laissa en suspend la réponse, sentant la main de Christelle prendre doucement la sienne.

« -Tu as déjà embrassé ? » insista l’étudiante sous l’œil amusé et interrogateur de son amie Sophie. Marie répondit toujours d’un ton non assuré :

« -…Euh…Oui…Aux vacances de Noël…Un garçon… »

« -Et tu as aimé ? »

« -…Oui et… non. »

« -Comment ça oui et non ? »

« Ca c’est mal passé. Il était maladroit, et je n’ai eu aucun plaisir. Et… »

Sa réponse s’arrêta net. Elle recevait les lèvres de Christelle sur les siennes, l’empêchant de continuer. Elle sentait la langue contre ses dents, comme si elle forçait le passage. Elle ne put qu’abdiquer. Elle desserra les mâchoires.  La langue de Christelle profita pour pénétrer, tel un serpent à l’intérieur de sa bouche, à la rencontre de sa propre langue. Le serpent s’enroula lentement autour. Ce baiser étroit, Marie le reçut comme un délice, tant il était attendu, tant elle l’avait imaginé, au dortoir, au bloc sanitaire…et là, c’était elle qui le recevait et elle n’était pas déçue, la réalité rejoignait ses rêves.

A suivre.....

5 commentaires:

  1. Approche de Marie joliment décrite. Bravo!
    Marie a de la suite dans les idées, elle réussira.

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    1. Je le pense aussi, Ophélie.
      Mais, c'est surtout Christelle
      qui a la suite dans les idées.
      A suivre.

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    2. Christelle avec son petit air coquin!

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    3. Il y a des chances,coquin et plein de malice.

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